] MACHINESMicro-ordinateurLe NeXTcube 68040

Le NeXTcube 68040

  • FABRICANT NeXT
  • TYPE Micro-ordinateur
  • ANNÉE 1988
  • PAYS 🇺🇸 États-Unis
NIVEAU DE RARETÉ
★★★★★
Prix actuel : 2500€
DESCRIPTION

PRÉSENTATION

Histoire, matériel, logiciel et héritage

1. Le point de départ : le NeXT Computer original (68030)

Pour comprendre le NeXTcube 68040, il faut d’abord connaître son prédécesseur direct. Le NeXT Computer, surnommé « The Cube », est la première machine créée par NeXT Inc., la société fondée en 1985 par Steve Jobs après son départ d’Apple. Présenté le 12 octobre 1988 lors d’un événement par invitation à San Francisco, il visait le marché de l’enseignement supérieur et des institutions de recherche.

1.1 Contexte et ambition

Steve Jobs avait quitté Apple après un conflit de pouvoir avec John Sculley. À la tête de NeXT, il voulait démontrer ce que son approche visionnaire pouvait produire sans les contraintes d’Apple. Le projet initial s’articule autour du concept « 3M » : une machine offrant 1 Mo de mémoire, 1 MIPS de puissance de calcul et une résolution d’un mégapixel. En réalité, la machine livrée a largement dépassé ces objectifs sur tous les points.

1.2 Spécifications techniques du NeXT Computer (1988)

ComposantSpécificationRemarques
ProcesseurMotorola 68030 (25 MHz)32 bits interne et externe
Co-processeur math.Motorola 68882 (25 MHz)Intégré sur la carte mère
DSPMotorola 56001 (25 MHz)Premier PC avec DSP intégré
Mémoire vive8 Mo de base, extensible à 64 MoVia des modules SIMM
Stockage principal256 Mo magneto-optique (R/W)Première utilisation commerciale
Disque durOptionnel : 330 Mo ou 660 Mo SCSILe MO était censé suffire
RéseauEthernet 10Base-2 intégréTrès rare à cette époque
Graphique1120 × 832, 4 niveaux de grisMegaPixel Display 17″
Bus d’extension4 slots NuBusPartagé avec Apple à l’époque
Alimentation200 WSystème de refroidissement silencieux
BoîtierCube en magnésium, 30,5 cm de côtéPeint noir, conçu par frog design
Prix de lancement6 500 $ (environ 17 300 $ en 2024)Cible : éducation supérieure

1.3 Points forts du design

Le boîtier était un cube parfait d’un pied de côté, fabriqué en alliage de magnésium, peint en noir à l’intérieur et à l’extérieur. La fabrication du moule à 90 degrés parfaits nécessitait que chaque face soit réalisée séparément puis soudée. Le logo NeXT, conçu par le graphiste renommé Paul Rand, ornait le dos de la machine : un cube stylisé incliné de 28 degrés, avec le mot « NeXT » en couleurs vives sur fond noir.

Le système intégrait un processeur de signal numérique (DSP) Motorola 56001, ce qui était une première pour un ordinateur personnel. Cette puce permettait le traitement audio en temps réel sans solliciter le CPU principal. Le lecteur magneto-optique de 256 Mo représentait aussi une innovation significative : c’était le premier support magneto-optique en lecture/écriture commercialement disponible sur un ordinateur de grande série.

2. Le NeXTcube 68040 : la génération suivante

Le NeXTcube, au sens strict du terme, est le successeur direct du NeXT Computer original. Il fut commercialisé à partir de 1990 avec un prix de départ de 7 995 dollars. Le changement le plus significatif par rapport à son prédécesseur tient au passage au processeur Motorola 68040, qui intégrait pour la première fois un bloc flottant, une unité de gestion de la mémoire (MMU) et un cache de 8 Ko tous sur la même puce.

2.1 Contexte historique

NeXT ne venait guère à vendre son premier modèle : en septembre 1990, les ventes ne dépassaient pas 500 machines par mois. La société décida donc de rénover la ligne en proposant une nouvelle carte mère avec le 68040, des disques durs internes en remplacement du lecteur magneto-optique, et une disquette optionnelle. Cette révision donnait aussi naissance à la NeXTstation, une version « pizza-box » moins chère. NeXT proposait également un kit de mise à niveau vers le 68040 pour les propriétaires du modèle original, au prix de 1 495 dollars.

2.2 Spécifications techniques du NeXTcube 68040

ComposantSpécification (NeXTcube 040)Remarques
ProcesseurMotorola 68040 (25 MHz)FPU, MMU et cache intégrés
DSPMotorola 56001 (25 MHz)Conservé depuis le modèle original
Mémoire vive8 Mo de base, extensible à 64 Mo16 slots SIMM sur bus 32 bits
StockageDisque dur SCSI internePlus fiable que le MO du modèle précédent
DisquetteOptionnelle (3,5″)Absente sur les premiers modèles
RéseauEthernet 10Base-2 + 10Base-TDeux implémentations sur la même carte
Graphique1120 × 832, niveaux de grisMegaPixel Display 17″ (82 ppi)
Bus d’extension3 slots NeXTbus (25 MHz)jusqu’à 100 Mo/s de débit burst
Carte optionnelleNeXTdimension (Intel i860)Couleur 24 bits, 1120 × 832, PostScript
BoîtierCube en magnésium, identique au modèle originalDesign inchangé
Système d’exploitationNeXTSTEP 2.0 et versions suivantesRequis pour le 68040
Prix de lancement7 995 $ (environ 19 000 $ en 2024)6 500 $ après réduction de prix en 1992

2.3 Le NeXTcube Turbo (1992)

Une version encore plus puissante fut introduite en 1992 : le NeXTcube Turbo. Elle montait le processeur 68040 à 33 MHz et portait la capacité maximale de la mémoire vive à 128 Mo. Une carte d’accélération très rare appelée Nitro — dont entre 5 et 20 unités auraient été fabriquées — portait même la fréquence à 40 MHz. Une autre carte, la Pyro, proposait un module 68040 à 50 MHz, remplaçant le processeur standard.

2.4 Innovations par rapport au NeXT Computer original

Le passage au 68040 représentait un bond considérable. Contrairement au 68030, qui nécessitait un co-processeur mathématique externe (le 68882), le 68040 intégrait son FPU directement sur la puce, accélérant massivement les calculs flottants utilisés en simulation scientifique et en CAO. Le MMU intégré permettait une gestion de la mémoire virtuelle plus efficace, et le cache de 8 Ko réduisait le nombre d’accès à la RAM principale.

Le remplacement du lecteur magneto-optique par un disque dur SCSI interne résolvait un problème de fiabilité et de vitesse chronique du premier modèle. Le support natif du protocole 10Base-T (en plus du 10Base-2 déjà présent) positionne la machine comme l’une des premières workstations à offrir une connectivité réseau aussi complète sans carte d’extension.

2.5 Points faibles et critiques

Le prix restait un obstacle majeur : même après la baisse de tarif de 1992, une configuration complète coûtait plusieurs milliers de dollars, ce qui en faisait une machine réservée aux institutions académiques et aux entreprises. Le marché des workstations en 1990 était dominé par Sun Microsystems (29 % de parts de marché) et Hewlett-Packard, qui venait d’acquérir Apollo Computer en 1989. IBM entre dans la course avec le RS/6000 en 1989, basé sur une architecture RISC POWER. Face à ces machines utilisant des processeurs RISC plus rapides, le 68040 de NeXT commençait déjà à montrer ses limites.

L’écran restait en niveaux de gris par défaut. La carte NeXTdimension ajoutait la couleur, mais au coût d’une extension supplémentaire. Le parc de logiciels, malgré sa qualité, restait limité par rapport aux écosystèmes plus matures de Sun ou HP.

3. L’écosystème logiciel : NeXTSTEP

Si le matériel du NeXTcube était impressionnant, c’est le système d’exploitation NeXTSTEP qui constitue sa vraie valeur historique. Lancé le 18 septembre 1989 avec le premier modèle 68030, NeXTSTEP est un système multitâche basé sur le micro-noyau Mach et un environnement BSD 4.3, avec une interface graphique reposant sur Display PostScript.

3.1 Architecture du système

NeXTSTEP combine trois couches distinctes. En dessous, le noyau Mach assure la gestion des processus, la mémoire virtuelle et la communication inter-processus. Au-dessus de ce noyau venait une couche BSD compatible UNIX, offrant la compatibilité avec les outils et protocoles réseau standard (NFS, TCP/IP). Enfin, l’interface graphique utilisait Display PostScript comme moteur de rendu, garantissant une cohérence parfaite entre ce qui apparaissait sur l’écran et ce qui se sortait à l’imprimante — une idée empruntée à Adobe, mais implémentée ici au niveau du système d’exploitation entier.

3.2 Les outils de développement : une révolution

NeXTSTEP a fait la révolution dans la façon de créer des logiciefs, grâce à trois composants clés.

  • Objective-C : Le langage de programmation utilisé pour écrire toutes les applications NeXTSTEP. Initialement créé par Brad Cox chez Stepstone dans les années 1980, il fut licencié par NeXT en 1988 puis profondément modifié par l’ingénieur Steve Naroff. Il ajoutait à C une syntaxe orientée objet inspirée de Smalltalk, permettant de mêler du code procédural C, du code PostScript fonctionnel et du code orienté objet dans un même fichier source.
  • Interface Builder : Un outil de conception visuelle d’interfaces graphiques, inventé par Jean-Marie Hullot. Les développeurs pouvaient placer des boutons, des menus, des fenêtres avec la souris, puis les connecter à leur code en glissant simplement des « liens » entre les éléments visuels et les objets du programme — sans écrire une seule ligne de code pour la partie interface. C’est l’un des ancestors directs de l’outil Xcode utilisé aujourd’hui pour créer les applications iOS.
  • Project Builder : L’environnement de développement intégré qui donnait accès au compilateur, au débogueur, à la documentation et à l’éditeur de code. Il fournissait une expérience de développement cohérente et professionnelle, très avancée pour son époque.

Ces trois outils, combinés avec les « Kits » de l’Application Kit (AppKit) et du Kit graphique, permettent aux développeurs de créer des applications en une fraction du temps nécessaire sur les autres plateformes UNIX. Steve Jobs affirmait que NeXTSTEP rendait les développeurs de cinq à dix fois plus productifs.

3.3 Les fonctionnalités notables de NeXTSTEP

  • Services partagés : Chaque application bénéficiait automatiquement d’un dictionnaire, d’outils de texte et d’un gestionnaire de polices intégré au système, sans que le développeur ait à les implémenter lui-même.
  • Object linking : Un utilisateur pouvait coller un graphique dans un rapport, et celui-ci se mettrait à jour automatiquement chaque fois que le fichier source changeait — même en temps réel, même à travers le réseau.
  • Répertoire personnel : Chaque utilisateur possède un répertoire personnel, grâce aux racines UNIX du système. Le multi-utilisateur était natif.
  • RenderMan (Pixar) : Le système livrrait avec RenderMan, le moteur de rendu 3D créé par Pixar. Les outils graphiques haute performance étaient donc disponibles dès l’installation.
  • SoftPC : Un émulateur DOS permettait d’exécuter des programmes PC classiques sur NeXTSTEP, facilitant la migration vers la plateforme.

3.4 Évolution de NeXTSTEP

VersionNouveautés principales
NeXTSTEP 0.8 (1988)Première version, livrée avec le NeXT Computer 68030
NeXTSTEP 1.0 (1989)Version officielle de lancement, 18 septembre 1989
NeXTSTEP 2.0 (1990)Support de la couleur, des disquettes, du CD-ROM. Apparition de Terminal.app
NeXTSTEP 2.1 (1991)Améliorations de stabilité et de performance
NeXTSTEP 3.0 (1992)Nouvelle génération d’outils de développement
NeXTSTEP 3.1 (1993)Premier support des processeurs Intel x86 — NeXTSTEP quitte le matériel NeXT
NeXTSTEP 3.3 (1995)Support élargi : Intel 486, matériel NeXT, HP PA-RISC, Sun SPARC
OPENSTEP 4.x (1996)Version « ouverte » née d’un partenariat entre NeXT et Sun Microsystems

4. Un héritage historique : la naissance du World Wide Web

Le NeXT Computer est pour toujours associé à l’une des plus grandes inventions de l’histoire de l’informatique : le World Wide Web.

4.1 La proposition de Tim Berners-Lee

En mars 1989, Tim Berners-Lee, physicien informaticien britannique travaillant au CERN (l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire), rédige un document intitulé « Information Management: A Proposal ». Il y décrit un système hypertexte distribué permettant aux scientifiques de partager des informations entre les différents laboratoires du monde. Son supérieur, Mike Sendall, annota le document avec les mots devenus légendaires : « Vague, mais prometteur ».

4.2 Le NeXT Computer comme plateforme du Web

En septembre 1990, Sendall approuve l’achat d’un ordinateur NeXT pour permettre à Berners-Lee de concrétiser sa vision. Le choix du NeXT Computer n’était pas anodim : la plateforme NeXTSTEP, avec ses outils de développement orientés objet (Interface Builder, Objective-C), permettait de prototyper rapidement des applications réseau complexes. D’après Berners-Lee lui-même, son application WorldWideWeb « n’aurait pas été réalisable à l’époque sans NeXTSTEP ».

Fin 1990, Berners-Lee avait développé les trois technologies fondatrices du Web sur cette machine : le langage HTML, le protocole HTTP, et le système d’adressage URL. Il avait également écrit le premier navigateur/éditeur (WorldWideWeb, plus tard renommé Nexus) et le premier serveur web (httpd). Le premier site du monde, info.cern.ch, tournait sur ce même ordinateur NeXT.

4.3 « Cette machine est un serveur »

Pour éviter que quelqu’un ne l’éteigne par mégarde, Berners-Lee adrosa une étiquette en rouge sur la machine : « This machine is a server. DO NOT POWER OFF ! » Cette machine est aujourd’hui conservée au musée Microcosm du CERN, devenue un symbole de l’un des plus grands tournants de l’histoire moderne.

Note importante : La machine utilisée par Berners-Lee au CERN était le NeXT Computer original (68030), acquise en 1990. Le NeXTcube 68040 fut commercialisé à la même période, mais c’est le modèle précédent qui porta cette histoire. Les deux machines partageaient le même système NeXTSTEP.

5. Le contexte concurrentiel : le marché des workstations en 1990

En 1990, le marché des workstations était l’un des segments les plus dynamiques de l’industrie informatique, avec une croissance annuelle dépassant 20 %. Le NeXTcube entrait dans une arène très disputée.

5.1 Les principaux acteurs

FabricantMachine emblématiqueProcesseur / Architecture
Sun MicrosystemsSPARCstation 1SPARC (RISC), 25 MHz — leader du marché (29 %)
Hewlett-PackardHP 9000 / ApolloPA-RISC (RISC) — HP acquis Apollo en 1989
IBMRS/6000POWER (RISC) — IBM entre dans le marché en 1989
Digital EquipmentDECstation 3100MIPS R3000 (RISC)
Silicon GraphicsSGI IrisMIPS (RISC) — spécialiste graphique
NeXTNeXTcube 68040Motorola 68040 (CISC) — niche académique

5.2 NeXT face à la concurrence

CaractéristiqueNeXTcube 68040Sun SPARCstation 1
PhilosophieIntégration matériel-logiciel, designOuverture, prix compétitif, réseau
Processeur68040 (25 MHz, CISC)SPARC (25 MHz, RISC)
Système d’exploitationNeXTSTEP (propriétaire)SunOS / Solaris (UNIX)
Interface graphiqueDisplay PostScript, très élégantOpenWindows / Motif, plus classique
RéseauEthernet intégréEthernet intégré
CouleurEn option (NeXTdimension)Disponible en série sur certains modèles
Prix de départ~7 995 $~8 995 $ (configuration de base)
Public cibleAcadémie, recherche, designIngénierie, CAO, entreprises

5.3 Pourquoi NeXT n’a pas gagné le marché

Malgré la supériorité de NeXTSTEP en termes de design d’interface et d’outils de développement, NeXT ne réussit jamais à percer massivement. Le marché des workstations se polarise autour des architectures RISC (SPARC, POWER, PA-RISC, MIPS), qui offraient une puissance brute supérieure au 68040. Le prix reste toujours un obstacle, et le parc logiciel — bien que qualitativement remarquable — ne rivalisait pas en quantité avec ceux de Sun ou HP. Les ventes de NeXT ne dépassèrent jamais les dizaines de milliers d’unités.

6. L’héritage : de NeXTSTEP à macOS et iOS

Si le NeXTcube n’a jamais dominé le marché, son héritage logiciel est aujourd’hui présent dans les poches de des milliards de personnes.

6.1 L’acquisition par Apple

À la mi-1990, Apple cherchait activement une technologie externe pour moderniser son système d’exploitation. Le président d’Apple de l’époque, Jean-Louis Gassée, tentait d’acquérir Be Incorporated, créateur de BeOS. Mais Steve Jobs manœuvra pour que NeXT soit considéré. En décembre 1996, Apple rachète NeXT pour 400 millions de dollars, rapatriant Jobs comme conseiller — puis rapidement comme PDG.

6.2 De NeXTSTEP à Mac OS X

Le chemin fut long mais direct. NeXTSTEP devint d’abord Rhapsody, puis Mac OS X 1.0, qui fut lancé en mars 2001. Le noyau Darwin de Mac OS X est un descendant direct du noyau Mach + BSD de NeXTSTEP. Le framework Cocoa — utilisé pour créer toutes les applications Mac — est le successeur direct de l’AppKit de NeXTSTEP. Interface Builder est devenu une partie de Xcode. Le préfixe « NS » qui ornait les classes NeXTSTEP (NSObject, NSString, etc.) fut conservé dans Cocoa pour rappeler cette ascendance.

6.3 L’impact sur l’industrie moderne

Aujourd’hui, des dizaines de milliards de personnes utilisent chaque jour des descendants de NeXTSTEP : macOS sur les Mac, iOS sur les iPhone, watchOS sur l’Apple Watch, tvOS sur l’Apple TV. Le langage Objective-C, créé pour NeXTSTEP, a été utilisé pendant des décennies pour développer toutes les applications Apple avant l’introduction de Swift en 2014. Le modèle de développement visuel avec Interface Builder — conceptualisé sur le NeXT Computer — est toujours au cœur de la création d’applications Apple.

Le World Wide Web, inventé sur un ordinateur NeXT, transforme la vie de chaque personne connectée à Internet. Dell a utilisé NeXTSTEP pour créer son premier site de commerce en ligne en 1996. Les « design patterns » populaires en génie logiciel sont largement inspirés des patterns utilisés dans NeXTSTEP.

7. Conclusion

Le NeXTcube 68040 est une machine qui a rarement dominé le marché, mais qui a changé l’industrie informatique à jamais. Son matériel — le cube en magnésium, le DSP intégré, le réseau Ethernet natif — était en avance sur son époque. Mais c’est son logiciel qui constitue son véritable héritage.

NeXTSTEP a inventé une façon de créer des logiciefs qui n’a pas été surpassée depuis. Interface Builder, Objective-C, l’AppKit : ces outils ont façonné la façon dont Apple crée ses produits aujourd’hui. Le World Wide Web est né sur cette plateforme. Et le rachat de NeXT par Apple a mis fin à une période sombre pour l’entreprise de Cupertino, ouvrant la voie à une décennie de succès sans précédent.

Le NeXTcube reste l’une de ces rares machines qui, malgré un échec commercial relatif, a littéralement changé le monde.

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